Pâques orthodoxes
Pierre @ Lundi 09 avr 2007
Ce week-end, à la fois pour les chrétiens catholiques et les orthodoxes, se déroulait la fête de Pâques. Cette date commune n’est pas évidente, car les calendriers utilisés ne sont pas les mêmes entre les deux confessions.
Contrairement à la France, et par extension (peut-être rapide ?) aux catholiques, les fêtes de Pâques sont très respectées, et de ce que j’ai pu en voir beaucoup plus que Noël par exemple. Ce n’est donc pas qu’une simple histoire d’oeufs en chocolat pour les enfants.
Samedi matin, en pleine expédition pour aller payer la facture internet + TV (donc celle à ne surtout pas oublier !), un coup de fil : Monica me propose de venir à Braşov pour passer la soirée avec elle et sa famille pour découvrir les traditions des Pâques orthodoxes. Au programme : messe à minuit puis repas traditionnel. Ni une ni deux, payage de facture, regardage d’horaire et sautage dans le train. 2h30 et une bonne entame d’Anges et démons de Dan Brown plus tard, me voici dans mon ancien repaire.
Je retrouve Monica chez ses parents, je fais connaissance, bien que j’ai déjà vu son père, puis je vais déposer mes affaires dans l’appartement où je vais dormir, l’occasion de faire connaissance avec mon colocataire moldave d’une nuit, Constantin, et d’aller se chercher de quoi petit-déjeuner le lendemain matin. Bon, je fais avance rapide, on s’en fout de cela.
Minuit moins vingt, départ vers l’église. Là, grosse surprise qui vient confirmer mon idée que la fête de Pâques est prise autrement au sérieux ici : une vraie marée humaine défile sur les trottoirs, pourtant larges, de l’avenue ! Impressionnant. Je n’avais jamais vu cela pour une fête religieuse en France. Et nous n’allions que dans une petite église, pas une grosse cathédrale ou je ne sais quoi. Enfin, dans, façon de parler, vu que l’énorme quantité de monde nous oblige à rester dehors ! L’occasion de faire quelques photos ; mais hélas entre celles qui sont trop floues, celles qui sont trop sombre, et bien évidemment ma batterie à sec, seule une seule sera potable…
Donc, minuit, début de la messe en extérieur finalement. Son but principal est de passer la lumière : des cierges sont allumés près de l’autel, puis chacun allume son cierge puis celui des gens de derrière etc. illuminant l’ensemble de l’assemblée. Mon roumain a trouvé ici ses limites, n’étant pas très calé en termes religieux. Je devais en plus faire face au vent qui voulait à tout prix éteindre ma petite flamme, projetant la cire chaude sur mes mains (sensation pas si désagréable d’ailleurs
). En tout cas, “l’épreuve” que je redoutais s’est bien passée. En effet, j’ai toujours été très mal à l’aise dans un contexte religieux. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien, je ne m’y sens pas à ma place. Ici, certainement le fait d’être en plain air et non enfermé dans l’église ne m’a pas fait sentir ce sentiment. Tant mieux.
Retour chez les parents de Monica, cierge terrassé par un coup de vent malicieux, afin de pouvoir enfin festoyer. Ce repas, axé autour du traditionnel agneau de Pâques, est en effet celui qui marque la fin du jeûne du Carême. Mais avant cela, deux traditions. La première, consiste à manger trois bouts de pain macérant dans du vin blanc. Avant de manger chaque bout, la personne doit dire Hristos a anviat - le Christ est en vie, ce a quoi après les autres membres de l’assemblée réponde a deverat a inviat - en vérité il est réssucité. Deuxième tradition, les oeufs. Chacun choisit un oeuf dur, peint, et l’on casse l’oeuf de son voison en les entre-choquant. Selon un principe semblable à la tradition du pain, le frappeur dit Hristos a anviat, le frappé lui répond a deverat a inviat.
Il est alors temps de passer au repas, composé en premier lieu d’un paté de tripes d’agneau et d’oeufs (succulent) et de charcuterie, suivis par une ciorba d’agneau et d’un agneau rôti à l’ail qui doit se manger froid. Moi qui suis un grand amateur de mouton, inutile de préciser que je me suis régalé. Ce repas fut d’ailleur l’occasion de faire le test de mes progrès en roumain avec les parents de Monica, même si son aide a souvent été très appréciée
J’aurais paraît-il un très bon accent…
Le temps de discuter un peu, il est déjà 3h du mat’ passé, je décide de rentrer me coucher, nous sommes tous en train de tomber dans les bras de morphée. Je rejoins mon appartement pour une nuit rapide, un demi-GP à la télé le lendemain matin (merci les horaires variables) et je saute dans le train direction Bucarest.
Je tiens en tout cas à grandement remercier Monica, ses parents et son oncle d’avoir pensé à moi et de m’avoir accepté pour ces fêtes importantes de la religion orthodoxe. Ce fut pour moi une expérience très intéressante afin d’aborder encore mieux la Roumanie. Un GRAND merci ![]()
Paşte fericit !

























fred
Mon très cher Pierre… les othodoxes, comme les catholiques et les protetants, sont des chrétiens.
Je t’embrasse d’Istanbul. Serghei et moi sommes en partance pour une destination secrète !
On se voit lundi.
Pierre
En effet, je me suis un peu emmêlé les pinceaux, je corrige
Véro
Tu as eu raison Pierre d’accepter l’invitation de Monica et sa famille. Il n’y a rien de mieux que de pouvoir approcher les traditions locales en compagnie des habitants. Et si par chance ce sont des amis, ça ne rend l’instant que plus agréable.
C’est à travers tout cela que l’on apprécie encore plus sa vie d’expatrié… il faut que cette tranche de vie soit une expérience la plus complète possible.
Pour cela, il me semble que les Roumains sont très ouverts.